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Qui traite quoi : le tableau de compatibilité

Sédiments, bactéries, virus, nitrates, pesticides, métaux lourds : le tableau qui dit ce que chaque technologie retient vraiment, et ce qu'elle laisse passer.

Intermédiaire9 min de lecturePublié le 13 août 2026

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Aucun appareil ne transforme n’importe quelle eau en eau potable.

C’est la première chose à savoir, et celle que le marketing s’emploie à faire oublier. Chaque technologie traite une famille de contaminants et ignore les autres, avec une constance parfaite.

Ce tableau est l’outil le plus utile de ce site. Gardez-le sous les yeux la prochaine fois qu’un vendeur vous parle de purification totale.

Le tableau

MéthodeSédimentsBactériesVirusNitratesPesticidesMétaux lourdsCalcaireGoût
Décantation
Filtre à sédiments 5 µm
Céramique 0,2 µm
Fibres creuses 0,1 µm
Charbon actifpartielpartiel
Résine échangeuse d’ionspartiel
Osmose inverse
Stérilisateur UV
Ébullition 1 min
Pastilles de chloredégrade

Les quatre lectures qui comptent

Aucune méthode mécanique n’arrête les virus

Regardez la colonne des virus. Céramique, fibres creuses, charbon : trois croix.

C’est une affaire de dimensions. Un virus mesure 0,02 à 0,1 micron. Les meilleures fibres creuses filtrent à 0,1 micron, la céramique à 0,2. Le virus passe, sans résistance.

Seules la désinfection et l’osmose inverse en viennent à bout. C’est pourquoi une paire de pastilles de purification accompagne toujours utilement un filtre nomade, pour dix euros.

Seule l’osmose retire les nitrates

Deuxième colonne à une seule coche. Ni le charbon, ni la céramique, ni l’UV, ni l’ébullition n’ont la moindre action sur les nitrates.

Si votre analyse dépasse 50 mg/L, situation courante en zone de grande culture, tout le reste du tableau ne vous servira à rien. Et l’ébullition les concentre légèrement, par évaporation.

Le charbon actif ne filtre pas, il adsorbe

Les molécules organiques se fixent sur une surface poreuse gigantesque. Excellent sur le chlore, les goûts, une bonne part des pesticides et des solvants.

Deux pièges. Un charbon saturé relargue ce qu’il avait capté : un filtre trop vieux est pire que pas de filtre. Et un charbon humide laissé inutilisé devient un support à bactéries.

L’UV ne traite que le vivant, et seulement dans une eau claire

Une lampe à 254 nm détruit l’ADN des micro-organismes. Rien d’autre : ni chimie, ni minéraux, ni particules.

Deux conditions absolues. L’eau doit être limpide, sous 1 NFU de turbidité, car les particules abritent les micro-organismes de la lumière. Et le débit doit correspondre à la puissance de la lampe.

Dernier point souvent ignoré : l’UV n’a aucune rémanence. L’eau peut se recontaminer dix centimètres après la lampe.

Comment lire le tableau dans le bon sens

Partez de votre analyse, pas d’un produit.

Contamination bactériologique seule — le cas le plus fréquent sur les puits mal fermés. Préfiltration puis UV, ou céramique si vous voulez vous passer d’électricité.

Nitrates au-dessus du seuil — osmoseur sur le point de boisson, sans alternative.

Goût de chlore sur l’eau du réseau — charbon actif, en carafe ou en cartouche. Rien d’autre n’est nécessaire.

Eau de surface ou de pluie, usage technique — décantation puis filtre à sédiments. La potabilité n’est pas l’objectif, et l’usage alimentaire de l’eau de pluie reste interdit dans un logement raccordé au réseau.

Situation inconnue — n’achetez rien. Faites analyser.

Un mot sur l’empilement

Les étages d’une chaîne ne se contentent pas d’additionner leurs effets : ils se protègent mutuellement.

Un préfiltre à sédiments ne traite aucun risque sanitaire, mais il évite au charbon de se colmater en trois semaines et permet à l’UV de travailler dans une eau claire. Sans lui, les deux étages coûteux en aval perdent la moitié de leur efficacité et de leur durée de vie.

C’est pour cette raison que l’ordre compte autant que le choix des composants, et qu’on ne saute jamais le premier étage sous prétexte qu’il paraît inutile.

Pour continuer

Questions fréquentes

Existe-t-il un filtre qui traite tout ?
Un seul s'en approche : l'osmose inverse, qui retient sédiments, bactéries, virus, nitrates, pesticides et métaux lourds. Elle ne traite qu'un point d'eau, rejette 2 à 4 litres par litre produit et exige 3 bars de pression. Aucune solution portable ou gravitaire ne couvre l'ensemble.
Pourquoi les filtres ne retiennent-ils pas les virus ?
Une question de taille. Les virus mesurent 0,02 à 0,1 micron, quand les meilleures fibres creuses filtrent à 0,1 micron et la céramique à 0,2. Ils passent au travers. Seules la désinfection, par UV ou par voie chimique, et l'osmose inverse en viennent à bout.
Le charbon actif filtre-t-il les bactéries ?
Non, et c'est un malentendu répandu. Le charbon actif adsorbe des molécules organiques : chlore, mauvais goûts, une partie des pesticides et des solvants. Il n'a aucune action sur les micro-organismes, et un charbon saturé et humide peut même leur servir de support.
Faut-il empiler plusieurs technologies ?
Presque toujours. Une chaîne classique sur eau de puits associe une préfiltration à sédiments, du charbon actif et une désinfection UV, avec un osmoseur sur le seul point de boisson si l'analyse révèle des nitrates. Chaque étage protège le suivant autant qu'il traite un contaminant.

#filtration#compatibilité#méthode#nitrates#virus

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